Mes remerciements à Jean-Pierre Berthomé, qui m’a permis d’utiliser le glossaire qu’il avait rédigé pour les modules cinéma de la licence professionnelle Cian :

 

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analogique – Se dit de tout système de reproduction des images et du son fondé sur l’interprétation des données sous forme de variations continues de leur grandeur physique. Le film et la bande vidéo classiques sont des systèmes analogiques, au même titre que l’enregistrement du son sur les disques vinyl ou sur bande magnétique traditionnelle. Ces systèmes s’opposent aux procédés numériques qui échantillonnent un nombre limité d’informations et les traduisent sous forme d’informations binaires en vue de leur transmission, de leur stockage et/ou de leur restitution. Le système d’interprétation et de stockage des données étant indépendant du support physique de leur conservation, la bande magnétique et le film peuvent supporter aussi bien des informations numériques qu’analogiques.

 

anamorphose – Déformation des images obtenue traditionnellement au moyen d’un objectif. La plus classique au cinéma est celle du procédé CinémaScope qui comprime l’image horizontalement sur la pellicule avant qu’un objectif désanamorphoseur ne la redéploie sur toute la surface d’un écran large. Le principe de l’anamorphose est cependant bien antérieur au cinéma et les artistes s’en servent depuis très longtemps. Des logiciels de traitement permettent aujourd’hui d’anamorphoser les images des façons les plus diverses.

 

angle de prise de vues – Relation de la prise de vues avec une norme supposée être parfaitement horizontale. La différence peut être verticale (plongée, contre-plongée) ou latérale (cadrage penché).

 

assemblage – C’est l’opération la plus élémentaire du montage, celle qui consiste à seulement placer les plans dans un ordre élémentaire imposé par le scénario ou par la logique, sans se soucier encore de leurs relations plastiques ou rythmiques.

 

cadrage – Organisation d’une image délimitée par les quatre bords de la fenêtre de prise de vues. Par extension, composition visuelle résultant de cette opération qui met en cause à la fois la focale de l’objectif utilisé, la profondeur de champ, l’angle de prise de vues la distance de l’appareil à l’angle de prise de vues, la composition de l’action elle-même et les mouvements de l’appareil relativement à ceux de l’action.

 

cadrage penché – Cadrage où la caméra se trouve désaxée latéralement, vers la droite ou vers la gauche, par rapport à une norme horizontale.

 

centrifuge – (conception centrifuge du cadre) Se dit de toute mise en scène où l’action tend à s’éloigner sensiblement du centre du cadre, voire à en sortir complètement.

 

centripète – (conception centripète du cadre) Se dit de la conception la plus classique de la mise en scène, qui tend à conserver l’action au centre du cadre, grâce en particulier aux mouvements d’accompagnement, et au montage.

 

champ – Portion d’espace comprise à l’intérieur des limites du cadre et donc visible à l’écran. L’espace cadré du cinéma est toujours infirme d’une dimension : celle du sixième mur virtuel à partir duquel on filme les cinq autres. Le retournement à 180° du cadre, qui révèle le point de vue complémentaire du champ, en propose le contrechamp.

 

champ angulaire – Partie de l’espace embrassée par l’objectif et déterminée par la focale employée. Plus la focale est courte, plus le champ angulaire est large.

 

champ-contrechamp – Figure de montage qui fait se succéder de façon systématique le champ et son contrechamp. On l’emploie particulièrement pour alterner les plans sur deux personnages lorsque ceux-ci se font face.

 

champs complémentaires – Se dit de deux cadrages dans des directions opposées l’une à l’autre dont l’addition au montage reconstitue une illusion d’espace complet.

 

clap – Historiquement, planchette articulée sur laquelle sont inscrits les éléments d’identification du plan. Elle était présentée devant la caméra au début de la prise de vues et refermée d’un coup sec, le moment du contact constituant le repère de synchronisation avec l’enregistrement simultané mais séparé de la bande sonore. Son utilisation continue d’être grande pour identifier les plans au moment du dérushage.

 

composition – Organisation de l’image et de l’action dans le cadre en fonction des choix plastiques et dramatiques de la mise en scène.

 

conformation – Établissement d’une version définitive du négatif d’où seront tirées les copies d’exploitation, à l’issue des opérations de montage.

 

connotation – Signification seconde portée par un mot, un objet ou une image en sus de sa signification première (ou dénotation)

 

contraste – Rapport entre les luminosités les plus claires et les plus sombres de l’image filmée. C’est donc un facteur essentiel de différenciation entre les diverses parties de l’image. Les contrastes de la luminosité naturelle sont souvent trop extrêmes pour être correctement reproduits par le film ou la vidéo. Ils devront donc être corrigés, soit en éclairant artificiellement les parties les plus sombres, soit en réduisant l’éclairage des parties excessivement lumineuses.

 

contrechamp – Relatif au champ : portion d’espace comprise à l’intérieur des limites du cadre et donc visible à l’écran. L’espace cadré du cinéma est toujours infirme d’une dimension : celle du sixième mur virtuel à partir duquel on filme les cinq autres. Le retournement à 180° du cadre, qui révèle le point de vue complémentaire du champ, en propose le contrechamp.

 

couleur froide ou chaude – Largement indépendante de la notion strictement physique de température de couleurs, la sensation de « chaleur » plus ou moins grande des couleurs semble essentiellement dépendante d’habitudes culturelles qui nous font interpréter comme « chauds » la plupart des rouges et des jaunes alors que les verts et les bleus seront plutôt perçus comme « froids ».

 

définition de l’image – Degré de finesse dans la précision de l’image, relatif à la taille et au nombre des grains (photographie) ou des points (vidéo) composant cette image. Il dépend à la fois du pouvoir séparateur de l’objectif employé et du pouvoir résolvant des pellicules (à grain plus ou moins fin) ou des systèmes vidéo ou numériques (à plus ou moins haute définition). L’image de cinéma 35 mm comporte environ 2 200 000 points. L’image de télévision classique (625 ligne horizontales en Europe) en représente environ 400 000. Celle d’un magnétoscope de salon n’en propose plus que 100 000 utiles. En terme de stricte définition, on obtient l’équivalent de l’image de cinéma avec une image vidéo de 1 500 lignes. La télévision  » haute définition » en 1080p (ou une salle de cinéma équipée en 2K, la norme encore en 2013) offre 1080 lignes, soit plus de 2 millions de points (ou pixels). Une salle de cinéma équipée en 4K (4096×2160 pixels) en offre près de 9 millions, en attendant le 8K, qui en offrira plus de 33 millions…

 

dénotation – Ensemble des significations permanentes d’un mot, d’un objet ou d’une image, par opposition à ses connotations, dépendantes du contexte et de l’interprétation du récepteur.

 

dérushage – Opération qui consiste à visionner l’ensemble des prises enregistrées pour sélectionner celles qui seront éventuellement retenues au montage.

 

diaphragme – Système mécanique ou électronique réglant la quantité de lumière admise à travers l’objectif. De ce réglage dépend l’exposition.

 

diffuseur – Calque translucide placé devant une source lumineuse afin d’en adoucir l’intensité.

 

échelle des plans – Le désir de classification amène à proposer un système de désignation des cadrages qui se fonde le plus souvent sur le type d’inscription du corps humain dans le cadre système assez proche de celui qui désigne traditionnellement le rapport du cadre au sujet en peinture. Du cadrage le plus serré jusqu’au plus large, on distinguera ainsi :
– le très gros plan, qui isole un détail comme un oeil, une bouche ;
– le gros plan, qui isole une partie du corps comme la tête ou les mains ;
– le plan rapproché, qui cadre le buste aux épaules ou à la poitrine ;
– le plan américain, qui coupe le corps à mi-cuisse ;
– le plan moyen, qui cadre le corps en pied ;
– le plan de demi-ensemble, qui inscrit le corps en position privilégiée dans le décor qui l’environne ;
– le plan général ou d’ensemble, qui privilégie l’ensemble du décor. Cette classification grossière, mais très utile, se révèle peu opérante lorsque le cadrage bouleverse les normes convenues ou qu’il ne s’intéresse pas prioritairement au corps humain.

 

étalonnage – Détermination par le directeur de la photographie, en accord avec le réalisateur et le laboratoire, des corrections qui devront être apportées par ce dernier au tirage des copies positives du film pour en modifier l’éclairement ou les couleurs. La correction des images vidéo se fait au banc de montage grâce aux régies d’effet qui permettent de corriger couleurs et lumière.

 

exposition – Réglage de la quantité de lumière admise à travers l’objectif en fonction de l’éclairement de la scène et de la sensibilité de la pellicule. Ce réglage se fait mécaniquement grâce au diaphragme, mais la plupart des caméras électroniques possèdent un dispositif qui s’adapte automatiquement aux variations d’intensité de la lumière.

 

extérieurs réels – Tous les décors trouvés dans la réalité au lieu d’être spécialement construits pour le film, même lorsqu’il s’agit d’intérieurs, même quand ils sont bouleversés de fond en comble par le décorateur.

 

figure – Empruntée au vocabulaire des arts plastiques l’opposition figure-fond distingue un élément fortement structuré (la figure) de l’arrière-plan sur lequel il se détache (le fond).

 

filtre – 1. Lames de verre ou de gélatine interposées devant l’objectif afin de réduire ou de corriger la lumière admise à travers celui-ci. 2. Dispositifs électroniques permettant de supprimer ou de corriger sélectivement certaines des informations traitées.

 

focale – La distance focale (ou plus simplement focale) est la longueur, exprimée en millimètres, entre le foyer d’un objectif et le plan où se forme l’image (le film, par exemple). De cette focale dépendent à la fois le champ angulaire et la profondeur de champ. Les objectifs zoom à système de lentilles coulissant sont dits à focale variable.

 

fond – Empruntée au vocabulaire des arts plastiques l’opposition figure-fond distingue un élément fortement structuré (la figure) de l’arrière-plan sur lequel il se détache (le fond).

 

fondu – Opération, généralement réalisée au laboratoire, qui fait disparaître (fermeture en fondu) ou apparaître (ouverture en fondu) progressivement l’image. Si la disparition de celle-ci est proportionnellement compensée par l’apparition simultanée d’une autre, on parle de fondu enchaîné.

 

fondu-enchaîné – Disparition progressive d’une série d’images associée à l’apparition simultanée en surimpression d’une autre série qui se poursuivra le plus souvent ensuite.

 

formats d’images – cf. Ratio. Qu’il soit de cinéma ou de télévision, l’écran de projection est toujours un rectangle plus large que haut dans lequel viennent s’inscrire des images aux proportions variables. Les trois formats cinématographiques principaux sont le  » standard « , dont le rapport de l’horizontale à la verticale de l’image est de 1,37×1, le  » scope  » très élargi (2,35×1) et, beaucoup plus usité de nos jours, le  » panoramique  » (1,65×1 ou 1,85×1). Le format classique de projection sur les écrans de télévision est approximativement celui du  » standard  » (4×3), mais il est aujourd’hui concurrencé par le 16/9e (1,78×1), très proche du  » panoramique  » large (1,80×1).

 

gélatine – Feuille translucide colorée interposée entre une source de lumière et la caméra afin de modifier la lumière. On en trouve en rouleaux de grandes dimensions qui permettent de corriger la lumière pénétrant par les ouvertures naturelles d’une pièce.

 

hors-champ – Espace, extérieur aux limites du cadre, où l’action peut, néanmoins, se poursuivre et se prolonger, invisible, mais souvent audible. Une action où un personnage situé dans cet espace sera dit hors champ.

 

illusion du mouvement – L’illusion du mouvement au cinéma repose sur le principe qu’une seconde de temps se trouve décomposée en 24 photographies fixes discontinues (photogrammes) dont le cerveau du spectateur reconstitue la continuité. Le principe est le même,mais l’exécution différente avec le balayage d’image de la télévision. Il n’y a pas cette fois discontinuité, mais balayage continu d’une image dont les lignes sont explorées deux par deux (balayage entrelacé) : il suffit d’un vingt-cinquième de seconde pour que tous les points de l’image soient activés, fournissant ainsi une image complète. L’image cinéma est discontinue, mais présente dans sa totalité à l’écran vingt-quatre fois par seconde. L’image vidéo résulte d’un balayage permanent qui fait que jamais l’image n’est complète, mais qu’une nouvelle phase de l’image est continuellement en devenir. Dans les deux cas, le cerveau du spectateur ignore les manques (noir entre deux images du cinéma, entrelacement toujours incomplet de la télévision) pour imaginer une continuité ininterrompue du mouvement représenté.

 

image gelée – Répétition d’un même photogramme qui aboutit à la création d’une image fixe. Il ne faut pas la confondre avec un plan fixe d’où serait proscrit tout mouvement mais qui serait encore soumis aux variations infimes dues à la lumière ou aux modifications dans la structure de l’émulsion photographique d’une image à l’autre.

 

image par image – Technique par laquelle chaque image est enregistrée séparément de celles qui la précèdent ou la suivent. Elle est utilisée essentiellement en cinéma d’animation où la pause entre deux prises de vues est mise à profit pour modifier l’action. Projetées ensuite à la cadence de 24 ou 25 par seconde, ces images fixes recréeront l’illusion du mouvement.
incrustation – Opération par laquelle une image est inscrite à l’intérieur d’une autre.

 

insert – Plan introduit dans une continuité d’images pour en isoler un détail ou lui ajouter une information.

 

iris – Type de diaphragme mécanique formé d’un ensemble de lamelles qui se resserrent ou s’écartent autour d’un orifice circulaire central pour admettre la lumière dans l’objectif. Historiquement, l’iris était simplement un cercle utilisé pour mettre en évidence un détail à l’intérieur d’un plan plus général

 

lumière artificielle – Lumière fournie par les divers types de projecteurs placés à cet effet pour corriger la lumière naturelle ou suppléer à son insuffisance.

 

lumière naturelle – Lumière procurée par les sources d’éclairage naturellement disponibles. Le fait que la lumière soit naturelle n’empêche pas qu’elle peut être modifiée et redirigée.

 

mise au point – Réglage du positionnement de l’objectif dans sa monture fixe, de façon à obtenir la netteté maximum de l’image.

 

mixage – Opération de postproduction au cours de laquelle les éléments sonores sont associés entre eux et avec les images.

 

montage – Opération d’assemblage raisonné des images et des sons entre eux en vue de constituer un ensemble cohérent.

 

montage alterné – Procédé consistant à passer d’un aspect à un autre d’une même action pour en mettre en évidence le déroulement simultané. Ce peut être, par exemple, l’alternance canonique entre les héros assiégés, les ennemis qui les encerclent et les renforts qui volent à leur secours.

 

montage parallèle – Procédé consistant dans l’alternance de deux actions qui offrent une relation logique ou plastique sans pour autant être dépendantes l’une de l’autre. Un des exemples les plus célèbres se trouve dans La Grève (1925) de S. M. Eisenstein, où les plans du massacre des grévistes par les troupes tsaristes sont montés parallèlement à ceux de la mise à mort d’animaux à l’abattoir.

 

mouvement d’accompagnement – Se dit d’un mouvement d’appareil qui ne fait que suivre l’action.

 

mouvement d’appareil – Voir panoramique et travelling. Les divers types de mouvements possibles se combinent généralement dans la même prise de vues.

 

netteté – L’impression de netteté de l’image est fonction de la mise au point qui se fait en déplaçant l’objectif en fonction de l’éloignement du sujet photographié. Cette netteté n’est parfaite qu’en un point seulement dans l’axe de la prise de vues, mais une zone de netteté relative s’étend en avant et en arrière de ce point idéal. C’est ce qu’on appelle la profondeur de champ.
nomenclature des cadres – Voir échelle des plans.

 

numérique – Voir analogique.

 

objectif – Dispositif optique constitué d’une combinaison de lentilles capable de former sur une surface l’image inversée de la réalité photographiée. La disposition des lentilles les unes par rapport aux autres détermine la longueur focale de l’objectif. Lorsque cette disposition est susceptible de varier mécaniquement sans affecter la mise au point, l’objectif est dit à focale variable ou zoom. Les objectifs modernes incorporent fréquemment un diaphragme qui permet de régler la quantité de lumière admise à travers eux.

 

off – Se dit d’un son produit hors-champ ou même, dans certains cas, hors de l’espace de l’action (narration off, par exemple).

 

ours – Stade primitif du montage où la continuité des plans est établie sans que les affinages rythmiques, plastiques ou narratifs soient encore réalisés.

 

panoramique – Mouvement obtenu par la rotation de la caméra sur son axe, que celui-ci soit lui-même en mouvement ou non. On peut comparer le panoramique aux mouvements dans toutes les directions de la tête, indépendamment de ceux du corps.

 

photogramme – Chacune des images fixes qui constituent le film, ou des images obtenues par un balayage complet de l’écran vidéo. Voir illusion du mouvement.

 

piqué – Capacité d’un objectif à restituer les détails les plus fins de l’image. Voir le mot définition.

 

plan – Suite continue d’images résultant d’une prise de vues ininterrompue. C’est l’unité de base du montage, longue d’au moins une image, seulement limitée par la longueur d’un chargeur de pellicule ou d’une cassette de bande vidéo. On notera que ce qui peut apparaître comme un seul plan à la projection résulte parfois de l’assemblage de plusieurs plans reliés entre eux par des raccords invisibles ou des trucages.

 

plan de coupe – Plan, généralement bref, inséré dans la continuité naturelle d’un ou de plusieurs plans. C’est, par exemple, le plan sur la pleine lune au moment de la métamorphose du loup-garou, ou celui sur un auditeur attentif, intercalé pour remplacer les images où son interlocuteur se grattait le nez.

 

plan-séquence – Séquence contenue tout entière dans un seul plan ininterrompu. Attention aux raccords « invisibles », masqués par un élément de décor ou un mouvement de caméra. C’est encore plus vrai avec le numérique, qui peut rendre certains raccords absolument indétectables.

 

plongée – Cadrage où l’axe de la prise de vues est orienté vers le bas. On la dit verticale lorsque la caméra surplombe nettement l’action. Pour la contre-plongée, l’axe de la prise de vue est orienté vers le haut.

 

point de vue – Donnée, essentiellement psychologique, qui affecte ostensiblement à une origine (l’un des personnages de la scène, le plus souvent, mais ce peut être aussi le cinéaste lui-même) le regard porté sur l’action.

 

ponctuation – Procédés qui marquent des étapes majeures de la narration, particulièrement le début ou la fin d’une séquence. Ce sont principalement les fondus, les iris et les volets.

 

postproduction – Stade de la réalisation du film, postérieur à la prise de vues, au cours duquel sont réalisées principalement les opérations de montage, de mixage et d’étalonnage.

 

prise – Ensemble des images et des sons enregistrés entre le démarrage de la caméra et son arrêt.

 

prise de vues – Enregistrement de l’action sur le film. Chacun des plans fait généralement l’objet de plusieurs prises, parmi lesquelles on choisira au montage.

 

profondeur de champ – Partie de l’image cadrée, considérée dans sa profondeur, où l’image est considérée comme nette. La profondeur de champ dépend de la focale de l’objectif utilisé, de l’ouverture du diaphragme et de la distance à laquelle le point (c’est-à-dire la recherche de netteté maximale) est fait.

 

raccord – Organisation de l’illusion de continuité entre deux plans successifs, par la poursuite, par exemple, d’un mouvement ou la reprise d’un motif visuel ou sonore. Au-delà de cette fonction d’enchaînement, on parlera aussi de raccord pour tout élément qui garantit la cohérence spatiale et temporelle de l’action.

 

ratio – Qu’il soit de cinéma ou de télévision, l’écran de projection est toujours un rectangle plus large que haut dans lequel viennent s’inscrire des images aux proportions variables. Les trois formats cinématographiques principaux sont le  » standard « , dont le rapport de l’horizontale à la verticale de l’image est de 1,37×1, le  » scope  » très élargi (2,35×1) et, beaucoup plus usité de nos jours, le  » panoramique  » (1,65×1 ou 1,85×1). Le format classique de projection sur les écrans de télévision est approximativement celui du  » standard  » (4×3), mais il est aujourd’hui concurrencé par le 16/9e (1,78×1), très proche du  » panoramique  » large (1,80×1).

 

recadrage – Mouvement de l’appareil qui recompose le cadre, généralement pour accompagner un déplacement du centre d’intérêt (un personnage assis qui se lève, par exemple) ou pour intégrer dans le cadre un élément nouveau.

 

réflecteur – Panneau réfléchissant utilisé pour rediriger la lumière, naturelle ou artificielle, vers les zones insuffisamment éclairées de l’action.

 

repérage – Recherche des lieux de tournage nécessités par le film.

 

représentation de l’espace – L’image cinéma projetée sur un écran est toujours l’interprétation bidimensionnelle d’un espace naturel à trois dimensions. Cette interprétation peut se faire photographiquement, grâce à l’objectif qui forme une image plane. Elle peut aussi se faire avant la prise de vues, lorsqu’on filme un dessin par exemple, ou lorsqu’on génère directement une image numérique. L’illusion de profondeur est obtenue par les moyens (lumière, couleurs, taille respective des objets, etc.) qui sont ceux de tous les créateurs d’images planes, à quoi vient s’ajouter le possibilité de faire se déplacer l’action filmée dans une profondeur rendue ainsi plus sensible.

 

rushes – Prises brutes utilisées en vues du montage.

 

scénario – Document présentant, sous une forme semi-littéraire, un projet de film en en décrivant en détail l’action et, souvent, les dialogues.

 

séquence – Unité narrative, héritée du découpage en scènes des pièces de théâtre, constituant un ensemble qui peut devoir sa cohérence à l’unité d’espace aussi bien que de temps ou d’action. Elle est surtout un outil de travail, utile au réalisateur, qui l’emploie dans le découpage de son film pour en préparer le tournage, comme au chercheur qui disséquera l’œuvre achevée. La différence entre les deux notions est moins de nature que de taille, la scène étant généralement considérée comme une unité narrative plus petite que la séquence, dans laquelle elle peut trouver sa place. Scène et séquence résultent généralement de l’assemblage de plusieurs plans.

 

surimpression – Superposition de plusieurs images l’une sur l’autre.

 

table de montage – C’est l’équivalent pour le film de ce qu’est le banc de montage en vidéo, à cette différence que l’outil est strictement mécanique et que les opérations de coupe et d’assemblage y sont effectuées à l’aide de ciseaux et de ruban adhésif. Le montage s’effectue maintenant sur ordinateurs, à l’aide de logiciels dédiés (Final Cut Pro, AVID…).

 

température de couleur – Les objets émetteurs de lumière (soleil, projecteurs, etc.) le font à une température qui détermine la qualité de la lumière émise et la proportion des divers rayonnements colorés qui y seront présents (chaque longueur d’onde lumineuse correspondant à une sensation de couleur). La lumière solaire (5 500 °C) est parfaitement répartie entre toutes les couleurs d’un spectre lumineux qu’on voit se matérialiser dans l’arc-en-ciel. Les lampes à incandescence (3 000 °C) sont plus riches en radiations longues (rouges et orangées), plus pauvres en radiations longues (vertes et bleues). Cette température des rayonnements lumineux est exprimée en degrés Kelvins (°K), obtenus en ajoutant 273 aux °C correspondants. Notre expérience quotidienne de la lumière et de sa couleur est fonction à la fois de données objectives (les rayonnements auxquels nous sommes soumis) et de facteurs subjectifs (les conditions dans lesquelles nous les percevons et qui font que nous attribuons la même couleur à un objet, quelle que soit la qualité de la lumière qui le frappe). La pellicule cinématographique ou la caméra vidéo ne sont pas dotées de tels systèmes d’adaptation et la production audiovisuelle doit donc recourir à divers moyens pour assurer la continuité des couleurs et leur conformité aux attentes du spectateur. Les principaux sont le choix des pellicules sensibles en fonction de la source lumineuse principale (lumière naturelle ou lumière artificielle) ou les corrections apportées à la lumière disponible au moyen des projecteurs, des filtres et des gélatines.

 

travelling – Mouvement obtenu par le déplacement physique de la caméra dans l’espace. On peut comparer le travelling au déplacement du corps dans toutes les directions. On appelle aussi travelling les rails installés pour permettre le déplacement sans heurt de la caméra. Le travelling optique, ou zoom, n’implique pas de déplacement de l’appareil, mais un simple changement de focale qui élargit ou rétrécit l’angle de visée (champ angulaire) en cours de prise de vues.

 

travelling optique – Voir travelling et zoom.

 

trucage – Opération effectuée sur l’image, à la prise de vues ou en postproduction, afin de produire un effet impossible ou trop difficile à réaliser naturellement.

 

volet – Ponctuation dans laquelle l’image est progressivement dissimulée ou révélée selon le déplacement horizontal, vertical ou oblique d’une ligne.

 

zoom – Voir focale, objectif, travelling.