DV divan, diva de la DV, DV dévote, DV d’avant, DV divine ?

Peut-on avoir un avis définitif sur Les Glaneurs et la glaneuse ? Je crois que non, car le film le dit à sa façon : il nous montre des vies, donne des avis, des vies à vies qui sont autant de mots d’amour, alors que rôde la mort.

C’est sans doute le sujet le plus fort du film, peut-être parce que Varda filme maintenant les deux yeux ouverts. Elle qui a passé sa vie un œil fermé, l’autre collé sur un viseur d’appareil photo ou de caméra. Comme dans une aventure d’Ulysse… Mais revenons à cette mort dont elle scrute le lent travail. Si le microscope nous permet d’explorer l’espace, la caméra mini DV est la machine à explorer le temps. Agnès Varda le sait bien.

Quand on filme comme ça, les deux yeux ouverts, c’est plus que jamais sa propre image que l’on contemple. Dans une gravure célèbre d’Escher, deux mains se croisent, chacune dessinant l’autre. Cette œuvre dit l’abîme du présent, de l’instantané, du temps zéro. La caméra stylo est une machine à enregistrer le temps arrêté, le temps mort. Ses mains ridées (elle dirait volontiers ses parchemains), elle les montre comme elle avait montré celles de Jacquot. La même mort en marche avait laissé là ses signes, Agnès Varda a simplement continué le poème. Une ode pleine de reliefs, des rébus faits de rebuts… Elle demande son reste avant de partir. Pas de leçon, pas de réponse. Mais des visages, des voix, des mots, des cailloux, des grands quelque chose qui nous en laissent gros sur la patate.

La caméra DV a découvert Agnès Varda. Elle est l’instrument privilégié de sa cinécriture.

La caméra DV ? Sony l’a inventée pour elle.

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